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mardi, 30 octobre 2012

Et pourtant, tu dormais ...

Et pourtant, tu dormais ...

 

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Ce n'était qu'un petit matin tranquille, un dimanche sans importance, un jour.

Mais ce jour était celui qui allait marquer ma vie à jamais, me meurtrir,

Me faire souffrir durant tant d'années et demeurer en mémoire comme celui

De la veille. Inoubliable journée, longue journée, interminable journée.

L'espérance, comme ces belles fleurs de ces cerisiers et de ces pommiers,

Ces pensées du jardin de l'hôpital, ces jonquilles qui me narguaient de leur éclat

Tandis que toi, ma petite beauté, s'éteignait à tout jamais !


Dans mes bras enlacé, je te regardais dormir, nous parlions ensemble

Sans que tu ne me comprennes un seul instant, trop petit que tu étais,

Trop << sans vie >> que ton petit cœur éteint avait pâli ton visage hâlé.

Nous parlions des belles plages de ton île natale où je voulais t'emmener

A jamais, vivre là-bas, nous deux, et ne plus penser qu'à nous,

Je t'ai serré durant tant d'heures que je ne sentais plus mes bras,

Mais en regardant par la fenêtre de cette chambre aux murs blancs,

Je percevais des hauts de palmiers que je ne voyais pourtant pas !


Il 'ma fallu accepter que l'homme te prenne, un homme que je ne connaissais pas,

Pas du tout, et le suivre, comme un chien suit son maître, je n'étais qu'un chien,

C'est vrai, pauvre bête que j'étais. Suivre son enfant comme s'il allait rendre vie,

Une peur démesurée, peur qu'il ne t'arrive quelque chose de grave, de tragique;

Peur que l'on te fasse souffrir. Je te suivais, et je voyais, inquiet,

Que l'on te couchait dans l'ambulance... Tu devais sûrement être malade...

J'ai suivi le véhicule blanc en pleurant toutes les larmes de mon corps,

Ne voyant plus cette route connue qui nous menait je ne sais où.


C'est dans ce lieu habituel, dressé à l'avance, que l'on t'a déposé, endormi à jamais

Seul dans une salle prévue, rien que pour toi. Comme un fou j'ai cueilli des fleurs,

Arraché les branches embellies de ces prunus et ces cerisiers arrogants,

Coupé les pensées et jonquilles, quelques narcisses et j'ai décoré ton lit,

Cette dernière couche où tu reposais, les yeux clos, apaisé sans souffrance.

Seule la mienne était perceptible, seule ma peine n'avait plus de limite.

Je n'avais plus de larmes à verser, que des cris, des hurlements de douleur ;

Oui, j'ai pris conscience à ce moment que la vie t'avait quitté et que jamais,

Non jamais, nous ne reverrions ensemble le sable chaud de ta Polynésie.


Je revis tous les jours depuis l'instant d'avant comme le jour d'hier, et j'attends,

J'attends, tel un sablier qui égraine le temps par ses nombreux grains dorés,

Ce dernier grain de sable comme le dernier jour qui sera le mien et te rejoindrai !


© Jj, 29 octobre 2012

Commentaires

Respect ,les grandes douleurs sont muettes

Écrit par : anto | mardi, 30 octobre 2012

... et que de larmes, de cauchemars, de cris ! Ce n'est pas toujours silencieux ...

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

Que dire ...
Un départ est toujours un moment atroce.
Tes mots sont bouleversants.
Je te souhaite une bonne journée.
Bisoux.

Écrit par : dom | mardi, 30 octobre 2012

On n'oublie jamais ! On ne peut pas, même si on le voulait, c'est impossible.

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

Que dire.... il n'y a pas pire que le départ d'un enfant

Écrit par : annielamarmotte | mardi, 30 octobre 2012

Non rien !

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

l' impuissance devant un drame est difficile à supporter, comme à admettre !
Pourquoi se dit on, et ne pas avoir la réponse est douloureux.
Son âme au moins est toujours présente, ne serait ce que grâce à toi
bonne journée
amitié

Écrit par : trublion | mardi, 30 octobre 2012

Il m'accompagne et m'accompagnera jusqu'à mon dernier souffle !

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

Tes mots douloureux m'ont bouleversée ! La perte d'un petit ne s'oublie jamais..;tu en es la preuve. Lui est parti, ton chagrin reste ! Bises

Écrit par : Petitgris | mardi, 30 octobre 2012

A jamais !
Et pour toujours !

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

Coucou Jj

En lisant tes mots il me ramène à ma douleur de mère... A quoi ressemble vraiment hier... aujourd'hui sans celui ou celle que nous aimons tant et qui parte vers un autre ailleurs... On oublie rien on vit chaque jour avec comme une blessure ouverte qui ne se refermera lorsqu'on les rejoindra... A travers nous ils vivent on est leur linceul, ils accompagnent nos pas et nos gestes et même nos émotions...
C'est pourquoi je n'arrive pas à me résoudre à fêter leurs anniversaires de naissance chaque année...
Pour moi ils sont toujours vivants sous une autre forme... mes petits enfants... c'est ce qui me permet de tenir avec ce fol espoir, que rien non rien ne se termine sur cette planète.

Arlette bouleversée...bises

Écrit par : Arlette50 | mardi, 30 octobre 2012

Je pensais à toi aussi en écrivant, je partage ta douleur également !

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

que d'émotions tu nous transmet et quelle fraternité que nous te devons!

Écrit par : mocekx | mardi, 30 octobre 2012

Merci Mocekx, merci

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

L'article est bien là Jj, mais je crois que j'ai fait une mauvaise manipulation pour l'heure... tu peux le lire de suite si tu es libre...
bises

Écrit par : Arlette50 | mardi, 30 octobre 2012

Il n'y a pas de souci, Arlette, tout est bien !

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

dans ton coeur encore...bisous en passant

Écrit par : mamazerty | mardi, 30 octobre 2012

Pour toujours. C'est sûr !

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

C'est bouleversant . Les larmes troublent le regard, c'est si bien écrit.
Bises

Écrit par : Marithé | mardi, 30 octobre 2012

Merci, je n'ai pas cherché à peaufiner !
Je l'ai jeté tel quel !

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

je ne peut rien te dire
si amitié pour toi
bises JJ

Écrit par : monica et la mer | mardi, 30 octobre 2012

Amitié,
bisous

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

impossible d'oublier !!!!
mais c'est bien que tu puisses exprimer ta douleur !
courage !!je pense tres fort a toi !
pas beaucoup de commentaires de ma part , mais je passe , ça ira mieux dans quelque temps !
ta serie sur les portes est superbe ! merci
mamyours

Écrit par : mamyours | mardi, 30 octobre 2012

Merci Mamyours, la série est terminée pour le moment !
Merci également de ton soutien,
Bonne soirée,
Jj

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

tes mots lancés comme un cri sur du papier sont superbes
les grandes douleurs ne s'effacent jamais
bonne soirée

Écrit par : ozymandias | mardi, 30 octobre 2012

On les subit,
On vit avec,
On meurt avec,
Parce qu'ils meurent avec nous !

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

une lecture qui déchire, et je n'ose imaginer ta douleur, la douleur que vivent ceux qui restent.
On ne peut vivre sans ceux que l'on aime sans ceux qu'on aimerait encore pouvoir chérir.
La douleur ne s'effacera jamais, il faut pourtant continuer à vivre
bien amicalement

Écrit par : dgi:0040:dgi:0050: | mardi, 30 octobre 2012

Pourtant oui ! Il faut vivre pour les autres enfants !
Jj

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

je remercie Dieu de m'avoir épargné une épreuve si triste...
comme cela doit être inhumain...

Écrit par : TooTsie | mardi, 30 octobre 2012

Totalement, je confirme, nous ne sommes pas sur terre pour voir mourir nos enfants, ce n'est pas dans la logique des choses !
Bonne soirée,
Jj

Écrit par : Jj | mardi, 30 octobre 2012

bonsoir! cruelle vie... merci de ce magnifique élan d'amour... je cromprends mieux pourquoi ma mère est comme elle est... elle en a perdu deux... et je n'ai pas été le bienvenu...! daniel!

Écrit par : daniel.l | mardi, 30 octobre 2012

Tu n'étais certainement pas le bienvenu par peur qu'il t'arrivât la même chose !

La peur nous fait faire des choses inconscientes.

Pour ma part, j'avais peur de prendre des nourrissons dans mes bras tant qu'ils n'avaient pas atteint l'âge de mon enfant décédé.

Quelques années plus tard, ma dernière fille a failli mourir, à une autre époque, un autre mois, rien à voir avec le mois d'avril, mais surtout, elle avait le même âge quand je l'ai retrouvée pratiquement inanimée dans son berceau !

La crainte du "à nouveau" nous hante continuellement !

Même encore maintenant, après tant d'années, avec mes petites filles, j'ai eu du mal à les prendre avec moi, maintenant, elles ont plus d'un an, ça va très bien !

Je peux comprendre ta maman, d'autant qu'on a parfois le sentiment de "remplacement".

C'est quelque chose de terrible pour un parent, ne lui en veut pas !

Bonne journée Daniel,

Jj

Écrit par : Jj | mercredi, 31 octobre 2012

Je suis muette.. Je t'embrasse

Écrit par : Sylvie, enfin moi | mardi, 30 octobre 2012

Je me doute, te connaissant, virtuellement bien sûr !
Bisous
Jj

Écrit par : Jj | mercredi, 31 octobre 2012

Bonsoir Jj,
je ne dirais pas grand chose, que je comprends et partage ta douleur,
Bisous

Écrit par : covix | mercredi, 31 octobre 2012

Oui B. je sais aussi que tu as vécu ce drame par ton petit fils !

Bonne journée,
Jj

Écrit par : Jj | jeudi, 01 novembre 2012

je n'ai pas tout lu.... trop dur (pourtant ainsi est la vie!), trop bouleversant ....quelque chose me dérange sans que je ne sache l'expliquer ... le sentiment d'entrer dans ton intimité ....c'est courageux d'en parler, de partager cette douleur !
Bien amicalement .....

Écrit par : buddha | jeudi, 01 novembre 2012

Il est parfois bon d'en parler, mais il est difficile, même pour moi, de relire !

Ça soulage sur le moment, ça nous renferme encore plus par la suite !

Bonne journée,

Jj

Écrit par : Jj | jeudi, 01 novembre 2012

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