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dimanche, 25 novembre 2012

Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es

Dis moi ce que tu lis,
je te dirai qui tu es

 

 

 

 

 

« “Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es”, il est vrai,

 

mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis. »

 

François Mauriac

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Depuis l´instauration de la charge de bourreau, celui qui l´exerce est un personnage à la fois craint et méprisé, mais indispensable dans une société où la peine de mort constitue durant des siècles la clef de voûte de toute justice.


Comment est-il choisi ?


Pourquoi accepte-il de devenir un exécuteur ?


Où et comment vit-il ?


Quels sont ses revenus ?


Pourquoi et dans quelle mesure sa femme et ses enfants participent-ils à l´exécution des condamnés ?


Pourquoi l´Eglise ferme-t-elle les yeux sur les mariages incestueux des bourreaux ?


Pourquoi y a-t-il eu des dynasties de bourreaux, dont les grandes figures sont les familles Sanson ou Deibler ?


Quel rôle essentiel le public lui-même joue-t-il dans la mise à mort des condamnés ?


Autant de questions qui trouvent ici des réponses claires et illustrées d´exemples.


Les aspects techniques de la profession - question, pendaison, décapitation, bûcher, roue, noyade, ébouillantage, écartèlement - sont essentiels car ils répondent à un système très codifié de mise à mort, appliquée en fonction du crime commis ou du rang social du condamné.


Toutes ces données s´inscrivent dans l´étude de l´évolution de la peine de mort avec ses conséquences sur la vie du bourreau, la Révolution marquant en ces domaines une rupture décisive.


______________

Extrait


.../...

En 1571, à Provins, une gentilhomme protestant nommé de Sérelle est jugé pour avoir tué son frère et commis divers pillages, vols et viols dans les villages de Champagne à la tête d'une bande de brigands. Il est condamné à être décapité sur un échafaud devant la fontaine Sainte-Ayoul, et sa tête attachée à une potence, tandis que son corps sera suspendu à un arbre des champs. Dès le prononcé du jugement, il est remis entre les mains du bourreau, Maître Robert Sénécart. Celui-ci semble avoir manqué d'expérience en martière de décollation. Comme le rapporte Claude Haton, t"moin de l'éxécution, le bourreau << ne sçavoit celui-cy comment il s'y devoit comporter, car oncques [jamais] n'avoit couppé teste à homme, et jugeoit bien de soy qu'il dextrement ne sçaurooit coupper celle dudit patient >>. Il se montre bien embarrassé. Il a mal préparé son exécution et s'est muni d'une épée beaucoup trop légère pour ce genre de travail.

Le patient, visiblement plus aguerri que son bourreau, s'agenouille et se tient bien droit, attendant la mort après qu'on lui a attaché les mains et bandé les yeux. Mais le bourreau manque son coup et ne fait que le blesser. Sérelle ne bouge pas. Maître Sénécart élève à nouveau son épée et frappe un grand coup. Mais cette fois-ci trop haut, au niveau du crâne. Sérelle, qui mérite bien le qualificatif de patient, endure ces tourments avec beaucoup de sérénité. Le bourreau frappe une nouvelle fois, mais encore sur le crâne. Le condamné n'a pas l'air plus affecté que ça, tandis que Maître Sénécart perd tout espoir de parvenir à ses fins. Il renonce à le décapiter d'un coup d'épée, et entreprend alors de lui scier le cou. Le patient se montre aussitôt moins coopératif. Il s'ensuit un corps à corps grand-guignolesque ou Sérekke, les yeux bandés, les mains liées, s'empare du bourreau épouvanté, le secoue et lui fait lâcher son épée tandis que le peuple hurle sa colère contre l'éxécuteur incompétent. Sérelle relâche le bourreau et cherche à s'enfuir, mais, les yeux bandés, il chute du haut de l'échafaud et << se blessa plus fort que ne l'avoient blessé les trois coups d'espée >>, comme le rapport Haton. Le bourreau saute à son tour de l'échafaur, un couteau  la main, pour en finir avec le condamné récalcitrant et maintenant fugitif. Au terme d'un nouveau corps à corps, Maître Sénécart << luy couppa la gorge, comme les bouchers font aux moutons ou veaux qu'ilz tuent >> . Le peuple s'excite et des coups fusent contre Maître Sénécart. Mais le bourreau parvient à remonter le cadavre de Sérelle sur l'échafaud et achève laborieusement de lui couper la tête avec son couteau. Après cette exécution manquée, Maître Sénécart tombe dans une profonde dépression, regrettant d'être devenu bourreau, travail qui ne lui convient pas du tout. Il meurt trois mois après...


.../...




 

Auteur Frédéric Armand
Editeur Perrin
Date de parution septembre 2012
Collection Syntheses Economiques
ISBN 2262037981
EAN 978-2262037987

Commentaires

Ou la la des lectures en ce moment j'en ai quatre en même temps c'est impensable .. un concours de circonstance, des partages. Mais les relectures ça m'arrive souvent, le plus récent un grand bonheur : Barjavel et son grand secret. Jj tu m'excuseras quand j'ai mis mes liens sur le blog je t'avais oublié je viens de te rajouter ce matin. Je suis navrée mais le recensement n'est pas évident. belle journée à toi

Écrit par : Katara C.Néri | dimanche, 25 novembre 2012

Pas de souci...
En ce moment je lis beaucoup, il faut dire que j'ai aussi beaucoup (trop) de temps !
Bonne journée,
Jj

Écrit par : Jj | dimanche, 25 novembre 2012

à notre époque, les seuls bourreaux restant, sont ceux qui finissent tranquillement en prison, aux frais de la société.
bon dimanche
amitié

Écrit par : trublion | dimanche, 25 novembre 2012

Il y a encore dans certains pays, des bourreaux qui sévissent en toute légalité !
Jj

Écrit par : Jj | dimanche, 25 novembre 2012

J'aime les livres que l'on peut relire et dans lesquels on trouve toujours quelque chose de nouveau...
Belle journée Jj
J'espère que tu vas bien.

Écrit par : Jackie | dimanche, 25 novembre 2012

J'aime particulièrement les livres historiques ou des récits de faits réels !
Bonne journée,
Jj

Écrit par : Jj | dimanche, 25 novembre 2012

alors je te dit ce que je suis
une amtrice de thriller et d epolards loll
en ce moment c est
vendredi noir
james patterson ( fleuve noir ) loll
bon dimanche JJ bises

Écrit par : monica et la mer | dimanche, 25 novembre 2012

J'ai beaucoup de mal à lire un roman, ils sont rares chez moi !
Mais il y en a, il suffit que l'auteur me plaise !

Jj

Écrit par : Jj | dimanche, 25 novembre 2012

bonjour! je connais bien la place st e ayoul à provins... mais je ne connaissais pas cette histoire... un texte qui fait froid aux yeux... dans certains pays, si le bourreau rate son coup, il est lui même exécuté...! sympa, non?! mais le livre doit être superbement intéressant...! bon dimanche, amicalement, daniel!

Écrit par : daniel.l | dimanche, 25 novembre 2012

Très intéressant et il parle aussi de ces bourreaux qui ratent leur coup, ils sont alors à leur tour passés par les armes, bien souvent par leur aide qui se trouve être leur fils ou leur gendre, ou alors un confrère d'une autre ville ! Pas simple comme métier !
Bonne journée,
Jj

Écrit par : Jj | dimanche, 25 novembre 2012

Bonjour Jj. J'ai relu quelques livres de Boris Vian ou de Steinbeck, mais en général je ne relis pas... Bon dimanche

Écrit par : écureuil bleu | dimanche, 25 novembre 2012

Moi non plus, je ne relis pas ! Ou alors, sur le même sujet, mais d'un autre auteur !
Bonne journée,
Jj

Écrit par : Jj | dimanche, 25 novembre 2012

Si le livre est de la veine de l'extrait que tu proposes, c'est terrifiant ! Pitié ! Grâce ....Bises

Écrit par : Petitgris | dimanche, 25 novembre 2012

C'est de l'Histoire, il est bon de savoir ce que nous étions avant... des sanguinaires, tout simplement, c'était un peu leur passe-temps, leur télévision à eux ! Le cinéma au grand air !
Bonne journée,
Jj

Écrit par : Jj | dimanche, 25 novembre 2012

Bonjour je préfère le bien cuit au saignant ,mais des exécutions manquées il y en a eu quelques unes notamment avec la chaise électrique
bon dimanche

Écrit par : anto | dimanche, 25 novembre 2012

Justement en ce moment j'attaque la partie bûcher et eau bouillante !
Passionnant n'est-ce pas ?
Bonne journée,
Jj

Écrit par : Jj | dimanche, 25 novembre 2012

De saines lecture, c'est vrai que dans nôtre histoire les bourreaux ont une place...
Je suis en train de lire un recueil de Poésie de Milosz édition de 1944 acheté chez un bouquiniste du quai de Saône, il est encore de ceux dont on découpe les pages, donc pas lu entièrement par d'anciens propriétaires.
Autrement j'ai fini Balzac et la petite tailleuse chinois, de Dai Sijie qui fut porté à l'écran, les contes secrets Russes, des contes grivois, un régal! lol.. avant L'art français de la guerre, excellent.
Voilà pour le moment.
Bises

Écrit par : covix | lundi, 26 novembre 2012

Je continue ce livre sur les bourreaux, c'est vraiment un régal historique, surtout qu'ils parlent de villes que je connais et en particulier Toulouse, de quartiers où je me rends et que je vois autrement maintenant quand on sait ce qu'il s'y passait !
Jj

Écrit par : Jj | lundi, 26 novembre 2012

Les commentaires sont fermés.