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lundi, 17 décembre 2012

Rikishi pas vraiment riquiquis ...

Rikishi pas vraiment riquiquis ...

Les lutteurs de sumo sont appelés au Japon rikishi


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Le sumo fut mentionné pour la première fois en 712 dans le Kojiki, ou Récit des Temps Anciens, premier livre d'écriture japonaise. Le Kojiki relate la victoire de Takemikazuchi (ja) contre Takeminakata (ja), deux dieux anciens lors d'un combat de sumo. C'est ainsi que le peuple mené par Takemikazuchi obtint la possession des îles japonaises et que fut fondée la famille impériale dont est issu l'actuel empereur.

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Le Nihon Shoki (720) rapporte lui le combat qui aurait eu lieu lors du règne de l'empereur Suinin (-29 - 70) entre Nomi-no-Sukune et Taima-no-Kuehaya, considéré comme l'origine du sumo et du ju-jitsu. Nomi-no-Sukune est aujourd’hui considéré comme le saint patron ou kami des lutteurs de sumo, et est notamment vénéré dans un sanctuaire shinto homonyme de Ryōgoku, quartier des sumos à Tokyo.

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Mis à part ces légendes, il semble que les combats sumo soient apparus il y a près de 1 500 ans, sous forme de rituels religieux shinto : des combats sumo ainsi que des danses et du théâtre étaient dédiés aux dieux (kami) en même temps que des prières pour obtenir de bonnes récoltes. D'autres anciennes luttes asiatiques telles que la lutte mongole, le shuai jiao chinois et le ssirum coréen auraient également pu avoir une influence.

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Plusieurs scandales ont émaillé ce sport traditionnel dans les années 2000, et provoqué l'exclusion ou la rétrogradation de plusieurs lutteurs et maîtres d'écuries, mettant notamment en cause les conditions d'entrainement des jeunes lutteurs :

Le 26 juin 2007, Takashi Saitō (斉藤 俊, Saitō Takashi), apprenti lutteur de dix-sept ans, meurt d'une crise cardiaque après avoir été frappé à plusieurs reprises avec une bouteille de bière par le maître de son écurie, la Tokitsukaze-beya (時津風部屋), et avec une batte de baseball en métal par d'autres lutteurs plus âgés.

Le maître, Jun'ichi Yamamoto (山本 順一, Yamamoto Jun'ichi), connu sous le nom de Futatsuryū (双津竜) en tant que lutteur, est radié à vie par la J.S.A. (Association japonaise de sumo) le 5 octobre 2007.

Par la même occasion, le président et plusieurs responsables de l'association s'infligent des réductions de salaire de 30 à 50 % pendant trois ou quatre mois.

Le maître et trois lutteurs, Masanori Fujii, Masakazu Kimura et Yuichiro Izuka, âgés de 23 à 26 ans, sont arrêtés début février 2008, et inculpés un mois après.

En décembre 2008, les lutteurs sont reconnus coupables, condamnés à de la prison avec sursis et exclus par la J.S.A., puis en mai 2009 le maître est condamné à six ans de prison. 

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Suite à ces affaires, plusieurs lutteurs, anciens ou en activité, ont avoué avoir subi des brimades, appelées kawaigari (可愛がり, « caresses »), lors de leurs débuts, tels que Muneyoshi Fujisawa (藤沢 宗義, Fujisawa Muneyoshi), plus connu sous le nom de Kotonofuji (琴乃富士), brûlé, tabassé, la bouche gavée de sable et de sel, et surtout le yokozuna Hakuhō, parfois frappé pendant près de quarante-cinq minutes à ses débuts : « Les vingt premières minutes sont incroyablement douloureuses, mais après (…), même si vous continuez à être frappé, vous sentez moins la douleur ».

Plusieurs cas de consommation de cannabis ont également été répertoriés, cas sévèrement punis par la législation japonaise.

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Le 21 aout 2008, le lutteur russe Toshinori Wakanohō (若ノ鵬 寿則, Wakanohō Toshinori), de son vrai nom Soslan Aleksandrovich Gagloev, 20 ans, est exclu à vie pour avoir fumé du cannabis.

Étant mineur au moment des faits et pour une première infraction, il n'est pas poursuivi par la justice, et porte plainte pour demander sa réintégration.

Il déclare par la même occasion que d'autres lutteurs et des maîtres d'écurie fument également, et surtout qu'il a « été obligé de livrer des combats truqués contre de l'argent, dès que [il est] entré en makuuchi » et que son maître et d'anciens lutteurs savaient et avaient fait la même chose pendant leur carrière.

Il précise alors au Shūkan Gendai avoir été approché par l’ōzeki Kotoōshū, qui lui aurait dit : « Nous sommes tous les deux Européens. Si tu fais ça pour moi, je ne l'oublierai jamais. Je te donnerai un million de yens (6 900 euros). Je peux même aller jusqu'à 1,5 million », propos aussitôt démentis par l'intéressé.

Le 29 novembre, il reconnait avoir inventé toutes ces accusations, en contrepartie d'une somme de 2,5 millions de yens pour l'interview.

Ce même magazine a déjà faussement accusé en janvier 2007 plusieurs lutteurs dont Asashōryū d'avoir payé des adversaires pour perdre contre eux, et est condamné 26 mars 2009 avec son éditeur Kōdansha et l'auteur de l'article à payer 40 millions de yens (300 000 euros) de dommages et intérêts au total aux plaignants. 

sumo, Rikishi, japon, mongolie, lutte, 712, sport, ceinture, grappling, shinto, combat, religieuxLe 3 septembre 2008, deux nouveaux lutteurs russes, Yukio Rohō (露鵬 幸生, Rohō Yukio, dont le vrai nom est Soslan Feliksovich Boradzov, 28 ans) et son frère Yūta Hakurozan (白露山 佑太, Hakurozan Yūta, Batraz Feliksovich Boradzov, 26 ans) de l'écurie du directeur de la J.S.A. Toshimitsu Kitanoumi, sont contrôlés positifs au cannabis.

Kitanoumi démissionne quelques jours plus tard, les lutteurs étant exclus à vie malgré leur recours en justice.

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En février 2009, le lutteur Wakakirin (若麒麟), de son vrai nom Shin'ichi Suzukawa (鈴川 真一, Suzukawa Shin'ichi), est également exclu à vie pour possession de marijuana, et condamné à dix mois de prison avec sursis en avril avec trois ans de mise à l'épreuve.

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Les plus grands scandales interviennent en mai 2010.

D'abord avec le démantèlement de l'écurie Kise (木瀬部屋, Kise-beya) et la rétrogradation de son maître Naoya Higonoumi (肥後ノ海 直哉, Higonoumi Naoya), de son vrai nom Naoto Sakamoto (坂本 直人, Sakamoto Naoto), pour avoir offert des places au honbasho de Nagoya à des yakuzas du Kōdō-kai (弘道会) .

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Puis surtout le 20 mai 2010, lorsque le magazine Shūkan Shinchō affirme que l’ōzeki Kotomitsuki est impliqué dans une affaire de paris illégaux sur le baseball avec des yakuzas.

La J.S.A. annonce le 28 juin qu'elle exclut le lutteur.

Avec lui sont finalement suspendus dix-huit autres lutteurs également impliqués, alors que le maître de l'écurie Ōtake (大嶽部屋, Ōtake-beya), Tadashige Naya (納谷 忠茂, Naya Tadashige), connu sous le nom de Takatōriki (貴闘力), est exclu. 

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Cette affaire connaît de nouvelles répercussions début 2011 avec l'arrestation de Sadahide Furuichi (古市 貞秀, Furuichi Sadahide), Tetsuya Yabushita (藪下 哲也, Yabushita Tetsuya) et Shunsaku Yamamoto (山本 俊作, Yamamoto Shunsaku) de l'écurie Ōnomatsu (阿武松) pour organisation de paris illicites, toujours sur le baseball.

Puis, lorsque la police découvre, via des e-mails présents dans les téléphones portables confisqués lors de leur enquête, des preuves de trucage de match de sumo entre mars et juin 2010.

Onze lutteurs, la plupart de jūryō, et deux maîtres d'écurie sont alors mis en cause ; trois d'entre eux, les lutteurs Chiyohakuhō (千代白鵬, jūryō) et Enatsukasa (恵那司, sandanme) et le maître de l'écurie Takenawa (竹縄) Kasuganishiki (春日錦), reconnaissent rapidement les faits.

En conséquence, le tournoi de mars ou haru basho à Ōsaka est annulé, une première depuis 1946, et l'entrée au tournoi de mai est rendue gratuite pour tous les spectateurs.

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Après investigations, dix nouvelles personnes sont reconnues comme impliquées dans le scandale début avril ; seules trois sur les 23 impliquées ont alors reconnu les faits.

On compte parmi ces 23 personnes 21 lutteurs : en conséquence leurs supérieurs, 17 au total, bien que non impliqués sont également punis pour ne pas avoir correctement surveillé leurs protégés.

Deux nouveaux lutteurs sont alors forcés de se retirer : Sōkokurai (蒼国来, makuuchi) et Hoshikaze (星風, jūryō).

Puis c'est au tour du lutteur Futen'ō (普天王) de se retirer après avoir été suspendu en juillet 2010.

Le tournoi de mai est finalement transformé en rencontres destinées à établir un nouveau classement pour le tournoi de juillet à Nagoya, littéralement « tournoi d'examen des compétences » (技量審査場所, ginryū shinsa basho), et n'est pas diffusé à la télévision.

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Le sumo professionnel est un sport réservé aux hommes.

Les lutteurs de sumo sont appelés au Japon rikishi (力士, litt. « professionnel de la force »), voire o-sumō-san (お相撲さん, litt. « M. Sumo », avec une marque de respect), plutôt que sumotori (相撲取り, sumōtori), appellation usitée en France, mais peu au Japon, si ce n'est pour les débutants. 

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Lors des combats, ils ne sont vêtus que du mawashi, une bande de tissu serrée autour de la taille et de l'entrejambe, qui constitue la seule prise solide autorisée pendant le combat.

Celle-ci fait réglementairement entre 9 et 14 mètres suivant la corpulence du rikishi.

Ils sont coiffés selon le style chon mage : les cheveux, lissés avec de l'huile, sont maintenus par un chignon.

Un rikishi garde ses cheveux longs pendant toute sa carrière active ; son départ à la retraite est marqué par une cérémonie (danpatsu-shiki) au cours de laquelle ce chon mage est coupé.

Les rikishi des divisions supérieures sont coiffées en oicho-mage (le chignon a une forme de feuille de ginkgo) lorsqu'ils sont en tournoi ou en représentation.

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Il n'y a pas de catégorie de poids pour les rikishi et il peut arriver que l'un des combattants ait plus du double du poids de l'autre (les poids de rikishi pouvant aller de 70 à 280 kg).

Cependant, les rikishi des meilleures divisions pèsent en moyenne environ 150 kg, poids semblant le plus à même d'assurer à la fois stabilité et souplesse.

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La vie quotidienne du rikishi est très réglementée : réveil à 5 heures du matin, entraînement, repas de midi à base de chanko nabe, sieste et repas du soir également à base de chanko nabe.

Les entraînements suivent un certain nombre de rituels ancestraux et les lutteurs les mieux classés se font servir par les apprentis.


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Chanko nabe :

Le nabe ou nabemono (« marmite » ou « casserole » en traduction littérale) est un mets familial de l'hiver au Japon.
Le nabe représente plus un concept qu'une recette.
En français, on traduirait cela par fondue.
Chauffé par un réchaud sur la table, on prépare une soupe — la plus simple étant juste de l'eau, souvent avec du bouillon de poisson, ou konbu (algues séchées) — dans une grande marmite, où de multiples ingrédients seront plongés petit à petit.
Les ingrédients sont très variés, même si on y retrouve souvent : du chou chinois, kuzukiri, (nouilles de kuzu, transparentes), du tofu, itokonnyaku ou shirataki (vermicelles blancs de konjac), kinoko (champignons), du poisson, des huîtres, et de fines tranches de viandes (bœuf, porc).
À la fin, on peut faire avec la soupe restante, de l'ojiya, avec du riz pré-cuit, un œuf et du negi haché menu (petits poireaux japonais ou ciboulette).

Commentaires

... vraiment complet... dire que je croyais que ces gens là étaient tous honnètes... j'avais vu un reportage sur l'entrainement qu'ils subissent... impressionnant tout de même... il est vrai qu'au japon, ils sont un peu considérés comme des demi-dieux, enfin, étaient, parce que les jeunes doivent plutot se tourner vers d'autres sports...!

Écrit par : daniel.l | lundi, 17 décembre 2012

Il faut quand même avoir en l'esprit un certain déni du culte du corps, parce que là c'est quand même un peu raté ! J'aimerais bien connaître la vie secrète, intime, de ces hommes là... Sont il adulés par les minettes vu qu'ils sont considérés, comme tu le dis, comme des demi-dieux !

Écrit par : Jj | lundi, 17 décembre 2012

pas tres glorieux tout ça !!!et s'i n'y avait que ce milieu !!!!!!!!!
bonne journee
mamyours

Écrit par : mamyours | lundi, 17 décembre 2012

Oui c'est vrai, on finit par se demander quel milieu n'est pas atteint par la corruption !
Bonne journée,
Jj

Écrit par : Jj | lundi, 17 décembre 2012

Même eux sont corrompus ! Déception car je pensais que ces "bestiaux" avaient une ligne de conduite irréprochable. Encore une illusion qui f... le camp ! Bises

Écrit par : Petitgris | lundi, 17 décembre 2012

Ben oui, comme on dit ce sont les plus gros les plus corrompus ... et là, ben ça se confirme aussi !
Bises

Écrit par : Jj | lundi, 17 décembre 2012

une puissance extraordinaire, mais pas d' endurance !
Des dieux a Japon et pour chichi !
autre pays, autres moeurs !

Écrit par : trublion | lundi, 17 décembre 2012

Mais même voyous ! Il est bon peut-être d'être des Dieux vivants, mais même ces demi-Dieux ont de mauvais côtés, la preuve !
Jj

Écrit par : Jj | lundi, 17 décembre 2012

Moi ils me font tous peur !!! en plus ils ne sont pas nets ni irréprochables ! bises nath p

Écrit par : nath p | lundi, 17 décembre 2012

C'est certain, et avec un tel gabarit on peut difficile s'interposer !
Bonne soirée,
Jj

Écrit par : Jj | lundi, 17 décembre 2012

Un article bien documenté, de belles images aussi, je me suis laissé dire qu'ils ne vivaient pas bien vieux.
Ah! la corruption, le Japon et les ses mafias... pas surprenants.
Bises

Écrit par : covix | mardi, 18 décembre 2012

On se demande si ça ne débarque pas aussi par chez nous, les quartiers asiatiques ont une certaine façon d'être gérés ...

Écrit par : Jj | mardi, 18 décembre 2012

Les commentaires sont fermés.