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vendredi, 21 décembre 2012

Cambalache

Cambalache !

 


podcast

Cambalache - Enrique Santos Discepolo

Tango, La Cumparsita, Julio Iglésias, Iglesias, Espagne, Utuguay, Argentine, danse, rioplatense, Buenos Aires, Rosario,

 

Cambalache*

Que el mundo fue y será una porquería
ya lo sé...
(¡En el quinientos seis*
y en el dos mil también!*).
Que siempre ha habido chorros,
maquiavelos y estafaos,
contentos y amargaos,
valores y dublé*...
Pero que el siglo veinte
es un despliegue
de maldá insolente,
ya no hay quien lo niegue.
Vivimos revolcaos
en un merengue
y en un mismo lodo
todos manoseaos...


¡Hoy resulta que es lo mismo
ser derecho que traidor!...
¡Ignorante, sabio o chorro,
generoso o estafador!
¡Todo es igual!
¡Nada es mejor!
¡Lo mismo un burro
que un gran profesor!
No hay aplazaos
ni escalafón,
los inmorales
nos han igualao.
Si uno vive en la impostura
y otro roba en su ambición,
¡da lo mismo que sea cura,
colchonero*, rey de bastos*,
caradura o polizón!...


¡Qué falta de respeto, qué atropello
a la razón!
¡Cualquiera es un señor!
¡Cualquiera es un ladrón!
Mezclao con Stavisky* va Don Bosco*
y "La Mignón"*,
Don Chicho* y Napoleón,
Carnera* y San Martín*...
Igual que en la vidriera irrespetuosa
de los cambalaches
se ha mezclao la vida,
y herida por un sable sin remaches
ves llorar la Biblia
contra un calefón...


¡Siglo veinte, cambalache
problemático y febril!...
El que no llora no mama
y el que no afana es un gil!
¡Dale nomás!
¡Dale que va!
¡Que allá en el horno*
nos vamo a encontrar!
¡No pienses más,
sentate a un lao,
que a nadie importa
si naciste honrao!
Es lo mismo el que labura
noche y día como un buey,
que el que vive de los otros,
que el que mata, que el que cura
o está fuera de la ley...


Brocante / Bric-à-brac

Que le monde ait été et sera une saloperie,
ça, je le sais bien..
(Comme en 506,
et en l’an 2000, aussi)
Et qu’il y a toujours eu des voleurs,
Des machiavels et des escrocs,
des gens heureux et des aigris,
du vrai et du toc…
Mais que le 20° siècle
soit un étalage
de méchanceté insolente,
il n ’y a personne pour le nier.
Nous vivons vautrés
dans la mélasse,
Et tous roulés
dans le même bourbier.

Aujourd’hui, cela revient au même
d’être loyal ou traître,
ignorant, savant ou voleur,
généreux ou fripouille !
Tout est pareil !
Rien ne l’emporte !
C’est la même chose, un âne
ou un grand professeur !
Il n’y a plus de recalés
ni de promotion,
Les gens immoraux
sont à notre niveau.
Si l’un vit dans l’imposture
et l’autre vole par ambition,
c’est pareil que s’il est curé,
matelassier, roi d'opérette,
forte tête ou hors-la-loi !...

Quel manque de respect, quel accroc
à la raison !
N’importe qui est un monsieur !
N’importe qui est un voleur !
Confondus, les Stavisky, Don Bosco
et La Mignon,
Don Chicho et Napoléon,
Carnera et San Martin…
C’est comme dans la vitrine irrespectueuse
des brocantes,
la vie s’est mélangée,
et, blessée par un sabre sans garde,
on voit pleurer la Bible
adossée à un poêle…

Vingtième siècle, brocante
problématique et fébrile ;
celui qui ne pleure pas ne mange pas
et celui qui ne vole pas est un niais !
Vas-y hardiment  !
Mais vas-y donc !
Et là-bas, dans la fournaise,
nous allons nous retrouver !
Ne réfléchis pas plus,
fais ton trou,
car cela n’intéresse personne
si tu es né honorable.
Tous sont pareils, celui qui travaille
nuit et jour comme un bœuf,
celui qui vit aux dépens des autres,
celui qui tue, celui qui soigne
ou qui est hors de la loi...


Enrique Santos Discepolo est né en 1901 dans le quartier de Balvanera à Buenos Aires entre Paso et Bartolomé Mitré. Il est issu d’une famille typique de l’émigration Italienne. Son père Santos vient de la région de Naples. Musicien, il jouera pour le tango. Sa mère Luisa est argentine. Ils disparaissent respectivement en 1906 et 1909. Son frère Armando (1887-1971), de 14 ans son ainé étudie le violoncelle et écrit des pièces de théâtre. Futur grand nom de la dramaturgie Argentine, il est à l’origine de la vocation du jeune Enrique pour le théâtre.


Vers 1916 il débute comme acteur dans une pièce de son frère. Il se veut avant tout un homme de théâtre et deviendra dans les années 30 et 40 un homme de cinéma, en tant qu’acteur, auteur, réalisateur.

Dès lors et jusqu’en 1949, Enrique écrira 12 pièces dont les plus connues sont « Mis Canciones » en 1932, « Wunder Bar » et « Winter Garden » en 1933, « Blum » en 1949. L’œuvre de Discepolo est construite sur 3 axes, le monde populaire, le théâtre, les cafés et la vie nocturne de Buenos Aires

En 1928, Il rencontre Tania (1893-1999), espagnole de Tolède. Elle devient sa compagne jusqu’à sa mort en 1951. Ils séjourneront de nombreuses fois en Espagne et voyageront en Europe. Tania Chante « Tormenta » en 1939.

Un an plus tard, il présente à Montevideo, toujours pour le théâtre, le tango « Che Vavache » (on n’y peut rien). Œuvre dont la particularité est qu’elle est écrite et composée par Discepolo lui-même. « Che Vachache » est une réaction contre la corruption, les voleurs. Elle sera interdite.

Sa période la plus créative va de 1928 à 1935 avec principalement « Chorra » et « Esta Noche Me Emborrochado » en 1928, « Malevaje », « Soy un Arlequin », « Victoria » en 1929, « Yira Yira » en 1930, « Confesion », « Sueno de Juventud » en 1931, « Secreto », « Tres Esperanzas » en 1933, « Cambalache », “Alma de Bandoneon” en 1935.

De grande sensibilité sociale, il dispose de cette capacité artistique à en exprimer les fractures, les cicatrices comme si elles étaient siennes. Plus que les exprimer, il se montre visionnaire réaliste en les annonçant. C’est le cas avec « Yira Yira » en 1930 qui annonce la décade infâme en Argentine et « Qué Sapa Senor » (1931) puis « Cambalache » annonçant en 1934 les fractures politiques en Espagne puis dans l’Europe toute entière. Ses œuvres prennent une dimension de plus en plus importante à mesure que le temps passe car elles constituent de véritables documents sociaux ancrés dans leur époque.

Cambalache (Bric à brac) est probablement « LE » tango le plus visionnaire de Discepolo. Il sait décrire en « une chanson », donc avec peu de mots les désastres à venir. En 1987, l’historien Pierre Vidal-Naquet annexe une traduction du texte de « Cambalache » à son livre « Les assassins de la mémoire ».

Discepolo est emporté par le souffle de la mort le soir du 23 décembre 1951, une mort mystérieuse, comme par surprise. Officiellement, il meurt d’une grippe. Nombre d’observateurs attribuent sa disparition au mal qui l’avait rongé toute sa vie, le mal de vivre. Huit mois plus tôt, mourrait Homéro Manzi. Il venait d’écrire « Discepolin ». Il existe sur youtube une interprétation émouvante de cette œuvre composée par Troilo sur la poésie que lui dicta Manzi au téléphone depuis son lit d’hôpital. Une œuvre dédiée à leur ami commun, œuvre chantée de façon émouvante 23 ans plus tard par sa femme Tania.

 

Enrique Santos Discepolo, tango, cambalache, 1901, 1951, buenos aires, argentine, acteur, frère, théâtre

Enrique Santos Discepolo

Commentaires

La photo initiale est très drôle : on dirait les deux moitiés d'un tout !

Écrit par : New Dawn | vendredi, 21 décembre 2012

Les deux moitiés d'un tout ou d'un toutou ??

Écrit par : Jj | vendredi, 21 décembre 2012

.. un vrai tango... je ne connaissais pas... paroles très intéressantes, tu lui rend un bel hommage.

Écrit par : daniel.l | vendredi, 21 décembre 2012

J'ai découvert aussi !

Écrit par : Jj | samedi, 22 décembre 2012

en tout cas, il sait comment va le monde !

Écrit par : trublion | vendredi, 21 décembre 2012

On dirait bien !

Écrit par : Jj | samedi, 22 décembre 2012

L'Argentine c'est le tango et vice versa

Écrit par : anto | vendredi, 21 décembre 2012

En passant par Toulouse il paraît !!

Écrit par : Jj | samedi, 22 décembre 2012

Les commentaires sont fermés.