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mercredi, 05 juin 2013

Mon absence

Mon absence



 

Après le 24 avril, depuis 1988, il m'est toujours difficile de faire surface... Je dois reconnaître que bien souvent c'est avant que le malaise apparaît, mais là, il s'étend plus que de raison, et pour d'autres raisons aussi !


1988 a été l'année de tous mes malheurs, celui que tout être n'espère jamais vivre, je l'ai vécu... même si, comme le disent certains, je n'aurais jamais du avoir d'enfants.


Des voix, vilaines voix, homophobes en sourdine, auront dit à qui voulait l'entendre, que j'ai été puni d'avoir "transgressé" les lois divines... Ben voyons !


Être homosexuel ne rend pas stérile, et l'on peut être père plus d'une fois aussi ! J'ai eu ce bonheur, certains le savent, d'avoir de nombreux enfants, il m'en reste 7, en 1988 un petit garçon nous quittait !


Le 24 avril est un jour que je maudis ! J'ai toujours du mal à cette période de l'année. Mon petit était né le jour de la fête des pères, le jour de la fête de la musique aussi cette année là, ces jours et ces fêtes que je ne célèbre plus non plus, un 21 juin de l'année d'avant !


Cette année, je pensais que j'allais enfin la vivre plus ...sereinement, mais non, la mère de mon compagnon est décédée probablement le 2 mai, peut-être le 1er, nous l'avons découverte chez elle le 3.


Terrible pour lui, vous vous en doutez, mais terrible aussi pour moi de le voir dans cet état, état que j'ai connu quand ce fut mon "tour" de perdre encore un être cher, 2006 mon père, 2007 mon frère de 30 ans, 2008 ma grand mère, 2010 maman et trois semaines plus tard mon frère aîné à 52 ans !


Qui n'a pas souhaité un jour que sa belle-mère prenne le large un peu, juste un peu de distance parfois, ça fait du bien, mais là, bien que nous ne soyions pas mariés H. et moi, j'ai toujours considéré sa maman comme ma belle-mère et nous nous entendions bien !


Quand on se sait condamné par la médecine et qu'on a que la vie au jour le jour pour seul but, on se dit que la vie est parfois moche, mais on espère toujours avoir ce petit rien qui vous dit que nous vivrons vieux, très vieux, pourquoi pas très très vieux, soyons fous, espérons !...


Je sais que je vais mourir d'un arrêt spontané du coeur, que cette situation peut arriver d'un moment à l'autre, je me sais malade, fragile, invalide maintenant, et que je n'ai plus le droit de faire grand chose, sauf à me reposer !!


Ma belle mère n'était pas malade, au contraire, elle respirait la santé ! Une santé de fer, de celles qui enterreront tout le monde !


Il se trouve que ma belle mère est allée se coucher, s'est assise sur le coin de son lit pour oter ses chaussons, et que son coeur s'est arrêté, là, net... sans crier gare !


Une belle mort ? oui, pour ceux qui meurent, certainement ! Mais ceux qui restent ?


Je passe des demi-journées, le matin, ou l'après midi, avec ma belle soeur, avec mon compagnon, parfois je vais seul, chercher les affaires que l'on a décidé de donner, on jette, on se sépare, on garde, on préserve, on se souvient !


Tout ça me fatigue, beaucoup... quand je vais là bas, bien que ce ne soit pas loin, je reviens fatigué, épuisé, vidé, je pense que la tension nerveuse est à son comble, souvenirs de maman, de mes frères, de papa... quand ce fut mon tour, et que j'étais... seul ! Voir ma belle soeur pleurer, mon compagnon, ça n'a rien de reposant !


Tout ça pour vous dire que je reviendrai, probablement "prochainement" mais que dans l'immédiat, je n'ai pas le temps, pas le moral, pas l'envie, pas le courage, pas... tout simplement !


Je vais partir, le 11 juin prochain, chez ma fille ainée qui est sur le point, elle aussi, d'accoucher. Deux naissances dans la famille, dans notre clan, si rapprochées. Ce sera sa troisième fille, elle est seule pour le moment, son "mari" a eu un CDI et a commencé bien loin de chez eux ...


Le petit garçon qui est né le 12 me rappelle tellement le mien que j'ai été pris très récemment de crises d'angoisse. J'ai toujours peur de prendre dans mes bras des bébés, garçons, de moins de 10 mois et 3 jours ... ça ira mieux plus tard, ça ira mieux !


Sachez quand même que je ne vous oublie pas, soyez en sûrs... je ne pourrais certainement pas rattraper mon retard dans vos articles, mais je reprendrai le fil, le train en marche, avant que je ne prenne l'avion en août pour des vacances à Vienne en Autriche !


H. fêtera quand même son anniversaire qui a eu lieu hier, mais qu'il avait d'abord annulé, puis à la demande de tous, collègues et amis, famille aussi, il a remis au goût du jour... par contre, une seule date de libre : ce 21 juin ! Il me faudra faire un effort... pour lui ! H. a eu la bonne idée d'inviter aussi, à sa fête, au milieu de ses collègues de travail, mes enfants, leur conjoint et mon ex-femme, je ne serai pas seul... même si je suis avec lui !


À bientôt, et ne m'en voulez pas, je reviendrai.


Jj